Pourquoi les femmes font-elles des burn-out ?
Le burnout n’arrive jamais par hasard.
Il n’est ni une faiblesse, ni un manque de compétence, ni un défaut de caractère.
Le burnout est avant tout un processus, lent, progressif, souvent invisible… jusqu’au moment où tout lâche.
Et si les femmes sont aujourd’hui plus exposées au burnout, ce n’est pas parce qu’elles seraient “moins résistantes”.
C’est parce qu’elles évoluent dans un système qui valorise leur surinvestissement, tout en invisibilisant ce qu’elles portent réellement.
Le burnout : un épuisement global, pas seulement professionnel
Marie NEDELLEC, la fondatrice des TRICOTEUSES insiste sur un point fondamental : le burnout ne concerne pas uniquement le travail.
Il s’agit d’un épuisement physique, émotionnel et mental, causé par un déséquilibre durable entre ce que l’on donne et ce que l’on reçoit — en reconnaissance, en soutien, en repos, en sens.
Chez les femmes, cet épuisement est souvent renforcé par une réalité simple mais rarement prise en compte : leur énergie est sollicitée sur plusieurs fronts en même temps, sans véritables espaces de récupération.
1. Le cumul des rôles : une charge mentale permanente
Professionnelle engagée, cheffe d’entreprise, manageuse, indépendante…
Mais aussi mère, conjointe, fille, aidante, organisatrice du quotidien, régulatrice émotionnelle du foyer.
Selon Marie, le burnout se nourrit particulièrement de cette multiplication des rôles, lorsqu’elle devient structurelle et non ponctuelle.
👉 Le problème n’est pas d’avoir plusieurs rôles.
👉 Le problème, c’est l’absence de limites claires entre eux.
Les femmes passent souvent d’un rôle à l’autre sans transition, sans pause, sans espace pour elles-mêmes.
Le cerveau, lui, ne déconnecte jamais vraiment.
2. Le surinvestissement comme norme sociale
L’un des mécanismes centraux du burnout décrit par Marie NEDELLEC est le surinvestissement.
Chez les femmes, il prend souvent la forme de :
vouloir bien faire (partout, tout le temps
anticiper les besoins des autres,
prendre plus de responsabilités que demandé,
compenser les manques du système par leur propre énergie.
Ce surinvestissement est rarement reconnu comme un risque.
Il est même souvent félicité. C’est ce que Marie appelle le syndrôme de la femme forte.
Jusqu’au jour où le corps dit stop.
3. Une difficulté à poser des limites… sans culpabilité
Marie souligne que de nombreuses femmes qu’elle accompagne ont un point commun :
elles ont appris très tôt à s’adapter, à tenir, à encaisser.
Dire non, ralentir, déléguer ou demander de l’aide est encore trop souvent associé à :
un sentiment de culpabilité,
la peur de décevoir,
la crainte de perdre sa légitimité.
Résultat : les limites sont repoussées, encore et encore… jusqu’à l’effondrement.
4. L’invisibilisation de la charge émotionnelle
Un facteur clé du burnout au féminin, mis en lumière par Marie, est la charge émotionnelle.
Écouter. Soutenir. Rassurer. Absorber. Apaiser.
Au travail comme à la maison.
Cette charge ne figure dans aucun organigramme, aucun contrat, aucun objectif chiffré.
Et pourtant, elle consomme une énergie considérable.
Le burnout survient souvent quand cette charge émotionnelle devient permanente, sans reconnaissance ni espace de décompression.
5. Le corps comme dernier messager
Un autre enseignement fort de Marie : le burnout n’arrive pas brutalement.
Il est précédé de signaux :
fatigue persistante,
troubles du sommeil,
irritabilité,
perte de sens,
difficultés de concentration,
douleurs physiques inexpliquées.
Mais beaucoup de femmes continuent malgré tout.
Parce qu’elles ont appris à tenir, même quand tout crie à l’intérieur.
Le corps finit alors par devenir le seul moyen d’arrêter la machine.
Le burnout au féminin n’est pas une fatalité
Comprendre ces mécanismes, c’est déjà reprendre du pouvoir.
Comme le rappelle Marie, sortir du burnout — ou l’éviter — passe par :
la reconnaissance de ses limites,
la réévaluation de ses priorités,
la remise en question des injonctions intériorisées,
et surtout, la reconstruction d’un équilibre durable.
Pas pour faire moins.
Mais pour faire autrement.
En parler, c’est déjà agir
Le burnout au féminin mérite d’être nommé, expliqué, déconstruit.
Non pour enfermer les femmes dans un rôle de victimes, mais pour leur permettre de se protéger, de choisir, de transformer leurs parcours.
Parce qu’aucune réussite ne mérite l’épuisement.
Et parce que prendre soin de soi n’est pas un luxe — c’est une condition de durabilité.