Changer de travail quand ça ne va plus : et si ce n'était pas toujours la solution ?

Pendant des années, le discours a été relativement simple. Lorsque l'on ne se sent plus bien dans son travail, il faudrait changer de métier. Les réseaux sociaux regorgent de témoignages de personnes qui ont quitté un CDI pour ouvrir une maison d'hôtes, devenir fleuriste, créer leur marque ou partir vivre à l'autre bout du monde. Les livres promettent une nouvelle vie professionnelle, les podcasts racontent des reconversions inspirantes et les médias donnent parfois l'impression qu'il suffirait de trouver le bon métier pour retrouver enfin l'envie de se lever le matin.

Je comprends pourquoi ces récits rencontrent autant d'écho. Ils portent une promesse séduisante : celle qu'il existerait, quelque part, un métier parfaitement fait pour nous et qu'il suffirait de le trouver pour que tout rentre dans l'ordre.

Pourtant, après plusieurs centaines de femmes accompagnées en bilan de compétences, je peux dire une chose avec beaucoup de conviction : la réalité est infiniment plus nuancée.

Bien sûr, certaines femmes ont besoin de changer de métier. Leur activité ne correspond plus à leurs valeurs, leurs aspirations ont évolué ou leur santé ne leur permet plus de continuer dans les mêmes conditions. Dans ces situations, une reconversion peut être une formidable opportunité.

Mais j'observe aussi de nombreuses femmes qui arrivent avec une certitude : « Je dois changer de métier. » Et quelques semaines plus tard, cette certitude laisse place à une toute autre réflexion.

Elles découvrent que ce n'est pas leur métier qui les épuise.

C'est parfois leur entreprise.

Parfois leur manager.

Parfois l'absence de perspectives d'évolution.

Parfois un rythme de travail devenu incompatible avec leur vie personnelle.

Parfois encore, un environnement qui ne leur permet plus d'exprimer leurs compétences.

Autrement dit, elles ne cherchent pas toujours un nouveau métier. Elles cherchent surtout à retrouver une manière de travailler qui leur permette de respirer à nouveau.

Et cette nuance change absolument tout.

Parce qu'avant de prendre la décision de repartir de zéro, il me semble essentiel de comprendre ce que l'on cherche réellement à quitter. Est-ce le métier lui-même qui ne nous convient plus ? Ou bien les conditions dans lesquelles nous l'exerçons ? Est-ce la mission qui a perdu son sens ? Ou bien la façon dont elle est reconnue, organisée ou encadrée ?

Cette question est loin d'être anodine. Elle évite de faire porter au métier des difficultés qui trouvent parfois leur origine ailleurs. Elle évite aussi d'engager une reconversion longue, coûteuse et parfois inutile, alors que d'autres leviers existent.

C’est tout l’objet d’un bilan de compétences

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Le jour où j’ai compris que "tenir" n’était pas une solution