et si les vacances étaient enfin l'occasion de déconnecter… vraiment ?

Chaque été, nous nous promettons la même chose.

Nous allons ralentir. Lire davantage. Dormir. Profiter de nos proches. Laisser le travail derrière nous. Retrouver du temps pour nous.

Pourtant, il suffit de regarder une plage, une terrasse de café ou une aire d'autoroute pour constater que nos téléphones nous accompagnent partout. Nous répondons à un mail "juste deux minutes". Nous consultons nos réseaux sociaux machinalement. Nous regardons les notifications qui s'accumulent. Nous prenons des photos que nous publions presque instantanément.

Nous sommes physiquement en vacances, mais notre attention, elle, reste souvent dispersée.

Il ne s'agit pas de culpabiliser l'usage du numérique. Les écrans nous permettent de communiquer, de nous informer, de travailler autrement et parfois même de préserver un équilibre précieux. La question est ailleurs.

Savons-nous encore nous déconnecter lorsque nous en avons besoin ?

Déconnecter n'est pas disparaître

Lorsque l'on évoque une digital detox, beaucoup imaginent une semaine sans téléphone, sans Internet et sans aucun contact avec le monde extérieur.

Cette vision est rarement réaliste.

L'objectif n'est pas de supprimer le numérique de notre quotidien, mais de reprendre le contrôle de la place qu'il occupe.

Autrement dit, il ne s'agit pas de se demander combien d'heures nous passons devant un écran, mais combien d'espace mental celui-ci occupe, y compris lorsque nous ne l'utilisons pas.

Attendre une notification.

Penser à répondre à un message.

Consulter son téléphone sans raison particulière.

Toutes ces micro-sollicitations mobilisent une partie de notre attention et rendent plus difficile le véritable repos.

Le cerveau ne récupère pas uniquement lorsque nous cessons de travailler

Le repos ne dépend pas seulement du nombre de jours passés loin du bureau.

Il dépend aussi de notre capacité à diminuer les sollicitations permanentes.

Chaque notification attire notre attention.

Chaque consultation de notre téléphone interrompt ce que nous étions en train de vivre.

Chaque bascule entre plusieurs informations demande un effort cognitif.

À la fin de la journée, cette accumulation peut laisser une impression étrange : celle d'avoir eu du temps… sans avoir réellement récupéré.

Une digital detox ne s'improvise pas

Comme beaucoup de changements d'habitude, elle fonctionne mieux lorsqu'elle est pensée à l'avance.

Voici quelques pistes simples qui peuvent réellement faire la différence.

1. Définir des moments sans téléphone

Plutôt que de viser une journée entière sans écran, commencez par choisir un moment précis.

Par exemple :

  • le petit-déjeuner ;

  • les repas ;

  • une promenade ;

  • une matinée par semaine ;

  • une soirée.

Le cerveau s'habitue progressivement à ces espaces de respiration.

2. Couper les notifications inutiles

Toutes les applications n'ont pas besoin de nous interrompre.

Avant de partir, prenez dix minutes pour désactiver les notifications des réseaux sociaux, des sites marchands ou des applications qui ne nécessitent pas une réaction immédiate.

Vous choisirez ainsi le moment où vous consultez votre téléphone, plutôt que de le subir.

3. Prévoir une véritable absence professionnelle

Si cela est possible, informez vos collègues de votre indisponibilité et activez un message d'absence.

Savoir que tout le monde connaît votre période de congés réduit fortement la tentation de "jeter un œil" à ses mails.

Et si votre activité ne permet pas une coupure totale, définissez un créneau précis, par exemple vingt minutes en fin de journée, plutôt qu'une consultation permanente.

4. Remettre de l'ennui dans son quotidien

Nous avons pris l'habitude de remplir chaque temps d'attente.

Quelques minutes dans une file d'attente. Un trajet. Un moment seule.

Le téléphone apparaît immédiatement.

Pourtant, ces instants de vide sont souvent ceux où émergent les idées nouvelles, les prises de conscience ou simplement une sensation d'apaisement.

S'autoriser à ne rien faire est devenu un véritable exercice.

5. Retrouver une activité qui ne passe pas par un écran

  • Lire un roman.

  • Marcher.

  • Dessiner.

  • Jardiner.

  • Écrire.

  • Tricoter.

  • Cuisiner.

Peu importe l'activité.

L'important est qu'elle mobilise notre attention autrement que par une succession de contenus numériques.

Et si cette déconnexion devenait un rendez-vous régulier ?

Il n'est pas nécessaire d'attendre les vacances pour prendre du recul.

Certaines personnes choisissent désormais une soirée par semaine sans téléphone.

D'autres désactivent leurs notifications chaque soir.

D'autres encore s'accordent une promenade quotidienne sans écran.

La question n'est pas de trouver la règle parfaite.

La question est de retrouver la possibilité de choisir.

Une vie professionnelle durable passe aussi par notre capacité à nous rendre disponibles … à nous-mêmes

Chez Les Tricoteuses, nous parlons souvent d'écologie professionnelle.

Cette philosophie, développée par Marie Nédellec, invite à regarder notre vie professionnelle dans son ensemble : notre énergie, notre environnement, nos besoins, nos valeurs et la manière dont nous souhaitons travailler durablement.

Notre rapport au numérique en fait pleinement partie.

Parce que préserver son attention, apprendre à ralentir et retrouver des espaces de respiration ne relèvent pas seulement du bien-être.

Ce sont aussi des conditions essentielles pour construire une vie professionnelle plus soutenable.

Les recommandations de Marie pour ces vacances

🌿 Désactivez toutes les notifications non essentielles.

🌿 Évitez de consulter vos mails professionnels plusieurs fois par jour.

🌿 Instaurez au moins un repas quotidien sans téléphone.

🌿 Accordez-vous une demi-journée de véritable déconnexion chaque semaine.

🌿 Remplacez vingt minutes de réseaux sociaux par une activité qui vous ressource réellement.

🌿 Observez votre niveau d'énergie avant et après ces temps de déconnexion.

Car une digital detox réussie ne se mesure pas au temps passé loin de son téléphone, mais à la qualité de présence que l'on retrouve envers soi-même, envers les autres… et envers sa propre vie.

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