Entrepreneuses : pourquoi le chiffre d’affaires ne fait pas le bonheur ?
Lorsque l’on crée son entreprise, le chiffre d’affaires devient rapidement un sujet central.
Au début de l’aventure entrepreneuriale, il représente souvent bien plus qu’un simple indicateur financier. Il devient une preuve que l’idée était bonne, que le projet trouve sa place, que les premiers clients font confiance et que le rêve que l’on portait peut devenir une réalité. Les premiers euros générés ont parfois une valeur symbolique immense, car ils viennent confirmer que l’on est capable de créer quelque chose par soi-même.
Puis, avec le temps, le chiffre d’affaires prend une place de plus en plus importante dans la vie de l’entrepreneuse. Il devient un objectif, un repère, parfois même une source de comparaison avec d’autres dirigeantes qui semblent avancer plus vite, vendre davantage ou développer leur activité à un rythme impressionnant.
Bien sûr, le chiffre d’affaires est indispensable. Une entreprise doit être économiquement viable pour durer, rémunérer son dirigeant, financer ses projets et continuer à se développer. Il serait illusoire de penser qu’une entrepreneuse peut s’épanouir durablement dans une activité qui ne lui permet pas de vivre.
Mais au fil des accompagnements réalisés auprès des femmes entrepreneuses, un constat revient régulièrement : augmenter son chiffre d’affaires ne signifie pas forcément se sentir plus accomplie.
Certaines femmes atteignent les objectifs qu’elles s’étaient fixés, parfois même des objectifs qu’elles pensaient impossibles quelques années auparavant, et pourtant elles ressentent une forme d’insatisfaction qu’elles n’osent pas toujours exprimer.
Elles ont réussi à créer une entreprise.
Elles ont trouvé des clientes.
Elles ont développé leur activité.
Mais elles sont fatiguées, parfois dépassées, et elles se demandent intérieurement :
"Est-ce que cette entreprise correspond encore à la vie que j’avais envie de construire ?"
Le jour où l’entrepreneuriat devient une nouvelle contrainte
Beaucoup de femmes choisissent l’entrepreneuriat avec une intention très forte : retrouver de la liberté.
La liberté de choisir leurs projets.
La liberté d’organiser leur emploi du temps.
La liberté de travailler selon leurs valeurs.
La liberté de ne plus dépendre d’un cadre qui ne leur correspond plus.
Cette aspiration est souvent au cœur du passage à l’action.
Pourtant, quelques années plus tard, certaines entrepreneuses constatent un paradoxe : elles ont quitté un cadre qui ne leur convenait plus pour créer leur propre activité, mais elles se retrouvent parfois prisonnières d’une nouvelle forme de pression.
Elles travaillent davantage qu’avant.
Elles pensent à leur entreprise en permanence.
Elles ont du mal à couper réellement.
Elles portent seules des décisions importantes.
Elles ressentent une responsabilité constante, car derrière leur entreprise se trouvent leurs revenus, leurs clientes, leurs engagements et parfois les personnes qui travaillent avec elles.
Le problème n’est pas l’ambition.
Le problème n’est pas l’envie de développer son activité.
Le problème apparaît lorsque la croissance devient une fin en soi et que l’entreprise commence à décider du rythme de vie de celle qui l’a créée.
Le chiffre d’affaires mesure une performance, pas une réussite globale
Le chiffre d’affaires est un indicateur précieux pour piloter une entreprise, mais il ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Il ne dit rien du plaisir que l’on ressent dans son quotidien professionnel.
Il ne dit rien de l’énergie nécessaire pour atteindre ce résultat.
Il ne dit rien de la liberté réellement disponible.
Il ne dit rien de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle.
Deux entrepreneuses peuvent réaliser exactement le même chiffre d’affaires tout en vivant une réalité totalement différente.
La première peut avoir construit un modèle économique qui lui permet de travailler avec sérénité, de choisir ses projets et de préserver son équilibre.
La seconde peut avoir développé une activité qui génère des revenus importants mais qui repose sur une disponibilité permanente, une charge mentale élevée et une pression difficile à tenir dans la durée.
Le chiffre d’affaires est une donnée économique.
Il ne peut pas, à lui seul, mesurer la réussite d’une entrepreneuse.
La réussite entrepreneuriale mérite d’être redéfinie
Pendant longtemps, la réussite entrepreneuriale a été associée principalement à des critères visibles : le chiffre d’affaires, la croissance, la taille de l’entreprise, la notoriété ou encore le nombre de clients.
Ces indicateurs peuvent être stimulants et donner une direction.
Mais ils ne devraient pas être les seuls.
Une entrepreneuse peut aussi considérer qu’elle réussit lorsqu’elle a créé une activité qui respecte ses valeurs, lorsqu’elle travaille avec des clients qui lui correspondent, lorsqu’elle conserve du temps pour sa vie personnelle ou lorsqu’elle retrouve du plaisir dans son quotidien professionnel.
La question essentielle n’est donc pas seulement :
"Combien mon entreprise me rapporte-t-elle ?"
Elle est aussi :
"Qu’est-ce que cette entreprise me permet de vivre ?"
Cette question change profondément la manière d’envisager son développement.
Car une entreprise n’est pas seulement un outil économique.
Elle est aussi un projet de vie.
Pourquoi est-il parfois difficile d’admettre que quelque chose doit changer ?
Pour une entrepreneuse, remettre en question son modèle peut être particulièrement difficile.
Après avoir investi du temps, de l’énergie, des ressources et une partie importante de son identité dans son entreprise, reconnaître que certaines choses ne fonctionnent plus peut donner l’impression d’un échec.
Pourtant, une entreprise n’a pas vocation à rester identique pendant toute une vie.
Elle évolue avec son marché, ses clients, ses objectifs et surtout avec la personne qui la porte.
Une activité qui correspondait parfaitement aux besoins d’une entrepreneuse au moment de sa création peut devenir moins adaptée quelques années plus tard.
Les priorités changent.
Les envies évoluent.
La manière de vouloir travailler se transforme.
Ce n’est pas un problème à corriger.
C’est une réalité normale d’un parcours entrepreneurial.
La question que chaque entrepreneuse devrait régulièrement se poser
Au-delà du chiffre d’affaires, il existe une question fondamentale que l’on prend rarement le temps de se poser :
"Pourquoi ai-je créé cette entreprise ?"
La réponse permet souvent de retrouver le fil conducteur.
Certaines femmes entreprennent pour gagner en liberté.
D’autres pour défendre une conviction, transmettre une expertise, répondre à un besoin ou construire un projet qui a du sens.
Certaines souhaitent développer une grande entreprise.
D’autres veulent simplement une activité rentable qui leur permette de vivre selon leurs priorités.
Toutes ces réussites sont légitimes.
Le problème n’est pas d’avoir de l’ambition.
Le problème est d’oublier ce que cette ambition devait permettre au départ.
Entreprendre autrement : construire une activité qui soutient sa vie
C’est justement cette réflexion que nous accompagnons chez Les Tricoteuses.
À travers nos formations et nos accompagnements dédiés aux entrepreneuses, nous les aidons à prendre du recul sur leur activité, à clarifier leurs fondamentaux et à construire un développement qui correspond réellement à leurs objectifs.
Car développer son entreprise ne devrait pas uniquement consister à chercher davantage de croissance.
Cela devrait aussi permettre de créer un modèle économique durable, une organisation adaptée et une activité qui reste compatible avec la vie que l’on souhaite mener.
Le chiffre d’affaires est un résultat important.
Mais il ne devrait jamais devenir la seule mesure de la réussite.
Parce qu’au fond, la plus belle réussite entrepreneuriale n’est peut-être pas seulement celle qui permet de gagner davantage.
C’est celle qui permet de construire une entreprise dans laquelle on a encore envie de vivre.
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