Construire une entreprise qui évolue avec sa vie : le parcours de Marine, fondatrice de MAD Concept

Quand tu as créé MAD Concept, quelle entreprise avais-tu envie de construire ?

Au départ, j’ai créé MAD Concept avec l’envie d’exercer mon métier d’architecte d’intérieur à ma manière, avec davantage de liberté dans les projets que j’acceptais et dans la façon dont je souhaitais les accompagner. J’avais une vision assez claire de mon métier et de ce que j’avais envie de proposer à mes clients. En revanche, comme beaucoup d’entrepreneuses au démarrage, je crois que j’avais moins réfléchi à l’entreprise elle-même : son modèle, son développement, son positionnement et surtout la façon dont elle allait pouvoir s’inscrire durablement dans ma vie.

Puis ta vie a évolué, avec notamment une maternité et un déménagement en perspectives. Qu’est-ce que ces changements ont bousculé dans ton activité et dans ta manière d’envisager l’entrepreneuriat ?

Une maternité change forcément beaucoup de choses. Je me suis retrouvée dans un nouvel environnement, avec une organisation personnelle différente et un réseau professionnel à reconstruire. Il ne s’agissait plus simplement de reprendre mon activité exactement comme avant.

Cela m’a obligée à me demander ce que je voulais vraiment conserver de MAD Concept, mais aussi ce que je devais faire évoluer. Mes priorités avaient changé et j’avais besoin que mon entreprise puisse trouver sa place dans cette nouvelle vie, plutôt que d’essayer de reproduire un modèle qui avait été pensé dans un autre contexte.

Quand tu as rejoint la formation ENTREPRENDRE des Tricoteuses, où en étais-tu et qu’étais-tu venue chercher ?

Je n’étais pas dans une démarche de création puisque MAD Concept existait déjà. J’avais surtout besoin de prendre du recul. Quand on est seule dans son entreprise, on peut facilement rester concentrée sur les projets, les clients et tout ce qu’il faut gérer au quotidien sans vraiment prendre le temps de réfléchir à la direction que l’on veut donner à son activité.

Je suis arrivée avec le besoin de remettre les choses à plat, de regarder mon entreprise avec un œil neuf et de retrouver un cap dans ce nouveau contexte personnel et professionnel.

Qu’est-ce que la formation t’a amenée à questionner, à faire évoluer ou à décider dans ton entreprise ?

Elle m’a surtout amenée à ne plus regarder uniquement mon métier, mais à réfléchir davantage à mon entreprise : à qui je voulais m’adresser, quels projets je voulais réellement développer, comment mieux exprimer ma valeur et comment construire une activité qui soit viable tout en restant cohérente avec la façon dont j’avais envie de travailler.

Cela m’a aussi permis de faire des choix. Entreprendre donne parfois l’impression qu’il faut saisir toutes les opportunités. Le travail sur le positionnement m’a au contraire aidée à comprendre que développer son entreprise, c’est aussi décider ce que l’on veut faire, pour qui, et parfois ce que l’on ne veut plus faire. Savoir dire non est un véritable challenge pour moi, je m’y attèle tous les jours depuis la formation ;-)

Y a-t-il eu une prise de conscience, un exercice ou un moment qui a particulièrement changé ta façon de voir ton activité ?

Le fait de travailler sur mon positionnement m’a particulièrement aidée. Quand on exerce un métier créatif comme l’architecture d’intérieur, on peut avoir tendance à penser que la qualité de son travail ou de ses réalisations suffit à expliquer ce que l’on apporte.

La formation m’a poussée à aller plus loin : comprendre ce qui caractérise réellement ma manière de travailler, ce que mes clients viennent chercher chez moi et ce qui fait la singularité de MAD Concept. Mettre des mots dessus m’a permis d’être plus claire sur mon projet et sur la manière dont je voulais le développer.

Et clairement, le collectif y a fortement contribué.

Aujourd’hui, quelle entreprise es-tu en train de construire avec MAD Concept ? Qu’est-ce qui est différent par rapport à tes débuts ?

Aujourd’hui, je construis MAD Concept avec davantage de conscience de ce que je veux en faire. Mon métier reste évidemment au cœur du projet, mais je réfléchis aussi beaucoup plus à l’équilibre global de l’entreprise : les projets que je souhaite accompagner, les clients avec lesquels j’ai envie de travailler, mon organisation et la place que je veux laisser à ma vie personnelle.

Je ne cherche plus forcément à retrouver l’entreprise telle que je l’avais imaginée avant tous ces changements. Je construis celle qui correspond à la professionnelle et à la femme que je suis aujourd’hui.

Avec le recul, qu’est-ce que tu dirais à une entrepreneuse qui sent que l’entreprise qu’elle avait imaginée ne correspond plus tout à fait à sa vie ?

Je lui dirais probablement qu’elle a le droit de la faire évoluer. Ce n’est pas parce qu’on a créé une entreprise d’une certaine manière qu’on doit continuer à la faire fonctionner ainsi pendant des années.

Nos vies changent, nos priorités aussi, et notre façon d’entreprendre peut évoluer avec elles. Prendre le temps de remettre son projet à plat n’est pas repartir de zéro. Au contraire, on repart avec tout ce que l’on a déjà appris, avec son expérience et une meilleure connaissance de soi. L’enjeu est peut-être justement de réussir à construire une entreprise qui puisse évoluer avec nous.

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