Reprendre le travail après un congé maternité, ce n'est pas simplement retrouver son bureau, ses collègues et ses dossiers. C'est parfois revenir dans un environnement professionnel qui n'a pas bougé, alors que notre vie, elle, a profondément changé. Et si ce retour était aussi l'occasion de réinterroger la place que l'on souhaite donner au travail ?
Comme si de rien n'était.
Il y a cette date, inscrite dans le calendrier depuis plusieurs semaines. Celle du retour au travail.
On a organisé le mode de garde, anticipé les horaires, préparé les affaires du bébé, peut-être même commencé à consulter ses mails avant la reprise. On a essayé de tout prévoir.
Et puis vient le premier jour.
On retrouve ses collègues, son ordinateur, les réunions, les objectifs. Les conversations reprennent, les dossiers s'accumulent. L'entreprise a continué à tourner pendant notre absence et, bien souvent, elle attend que l'on reprenne le fil.
Comme avant.
Sauf qu'entre-temps, une naissance a eu lieu. Une nouvelle organisation familiale s'est construite. Le sommeil est parfois devenu une denrée rare. Les responsabilités se sont multipliées. Et notre rapport au temps, à la disponibilité, à la réussite ou même à l'ambition a peut-être évolué.
Pourquoi faudrait-il alors retrouver exactement la femme que l'on était avant de partir ?
Devenir mère ne signifie pas renoncer à ses ambitions
Il existe une idée particulièrement tenace : la maternité modifierait nécessairement les ambitions professionnelles des femmes.
Comme si devenir mère signifiait automatiquement vouloir travailler moins, prendre moins de responsabilités ou ralentir sa carrière.
Cette vision est aussi réductrice qu'injuste.
Certaines femmes reviennent de congé maternité avec une envie intacte de progresser. D'autres découvrent de nouvelles aspirations. Certaines souhaitent davantage de responsabilités, quand d'autres veulent rééquilibrer la place du travail dans leur quotidien.
Et beaucoup veulent simplement pouvoir continuer à exercer leur métier sans avoir à choisir entre leur vie professionnelle et leur vie familiale.
Le problème n'est donc pas que les ambitions changent. C'est que l'on continue trop souvent à considérer qu'il n'existerait qu'une seule manière d'être ambitieuse : être disponible, investir toujours plus de temps et faire passer le travail avant le reste.
Une femme qui souhaite travailler autrement n'est pas nécessairement une femme qui souhaite moins réussir.
Elle peut simplement avoir redéfini ce que réussir signifie pour elle.
Retrouver sa place. Mais laquelle ?
Le retour de congé maternité peut aussi révéler un décalage.
Entre les responsabilités que l'on occupait et celles que l'on retrouve. Entre la professionnelle que l'on était et celle que l'on souhaite devenir. Entre ce que l'entreprise attend et ce que l'on est désormais prête à lui consacrer.
Parfois, ce décalage est très concret : un périmètre de poste modifié, des projets confiés à d'autres, des perspectives d'évolution devenues floues.
Parfois, il est plus difficile à identifier.
On aime toujours son métier, mais on ne supporte plus certaines contraintes. On apprécie son équipe, mais les horaires ne correspondent plus à sa réalité. On a travaillé pendant des années pour atteindre une position, et on se demande soudain si cette position nous convient encore.
Ce questionnement peut être déstabilisant.
D'autant qu'il s'accompagne parfois d'une forme de culpabilité : celle de ne plus se reconnaître dans ses anciennes priorités, de vouloir autre chose, ou simplement de ne pas savoir ce que l'on veut.
Pourtant, questionner sa place ne signifie pas remettre en cause tout ce que l'on a construit.
Cela peut être une manière de se réapproprier son parcours.
Et si ce n'était pas votre métier qu'il fallait changer, mais votre manière de travailler ?
Lorsqu'un malaise professionnel apparaît, on imagine souvent deux possibilités : rester et s'adapter, ou partir et se reconvertir.
Mais entre ces deux extrêmes, il existe une multitude de chemins.
Repenser son organisation. Faire évoluer ses missions. Négocier davantage de souplesse. Prendre de nouvelles responsabilités. Explorer une mobilité interne. Développer des compétences. Ou, effectivement, envisager un autre métier.
L'enjeu n'est pas nécessairement de tout recommencer.
Il est de comprendre ce qui ne fonctionne plus, ce qui compte aujourd'hui et ce que l'on souhaite préserver.
Car notre rapport au travail n'est pas figé.
Il évolue avec nos expériences, nos rencontres, nos responsabilités et les différentes étapes de notre vie.
La maternité peut constituer l'une de ces étapes. Mais elle ne produit pas les mêmes effets chez toutes les femmes.
Ce qui compte, ce n'est pas de retrouver son équilibre d'avant. C'est de pouvoir construire un équilibre qui nous correspond aujourd'hui.
Prendre le temps de se poser les bonnes questions
Dans le tourbillon d'une reprise, il est parfois difficile de prendre du recul.
On gère l'urgence. On tente de concilier les agendas. On répond aux sollicitations. On fait en sorte que tout fonctionne.
Mais à quel moment prend-on le temps de s'interroger sur ce que l'on souhaite vraiment ?
Quelques questions méritent pourtant d'être posées :
Qu'est-ce qui me donne encore envie de me lever pour aller travailler ?
Qu'est-ce qui me coûte aujourd'hui davantage d'énergie qu'auparavant ?
Quelles sont les conditions dont j'ai besoin pour m'épanouir professionnellement ?
Quelles ambitions ai-je envie de poursuivre, de transformer ou de laisser derrière moi ?
Quelle place est-ce que je souhaite donner au travail dans ma vie, sans renoncer à mon autonomie financière ?
Ces questions ne concernent pas uniquement les jeunes mères. Mais le retour de congé maternité peut leur donner une résonance particulière.
Et il n'est pas toujours facile d'y répondre seule.
Le bilan de compétences : retrouver un alignement professionnel
On associe encore trop souvent le bilan de compétences à la reconversion.
Pourtant, faire un bilan de compétences, ce n'est pas nécessairement chercher un nouveau métier. C'est d'abord prendre le temps de comprendre où l'on en est et où l'on souhaite aller.
Après une maternité, cette démarche peut permettre de mettre des mots sur les changements vécus, de distinguer les difficultés passagères des insatisfactions plus profondes et de redéfinir ses priorités professionnelles.
C'est aussi l'occasion de regarder son parcours autrement : identifier ses compétences, reconnaître ses talents, comprendre ses motivations et explorer les possibilités d'évolution qui s'offrent à soi.
Chez Les Tricoteuses, nous sommes convaincues qu'un projet professionnel ne peut pas se construire indépendamment de la vie de celle qui le porte.
C'est pourquoi notre approche de l'écologie professionnelle prend en compte aussi bien le sens donné au travail que l'énergie disponible, les aspirations, les conditions d'exercice, l'équilibre de vie ou encore la liberté économique.
L'objectif n'est pas de vous pousser à changer.
Il est de vous permettre de faire des choix éclairés, réalistes et cohérents avec la femme que vous êtes aujourd'hui.
Cela peut conduire à retrouver du plaisir dans son poste actuel, à engager une discussion avec son employeur, à envisager une évolution ou à construire un nouveau projet.
Il n'y a pas de bonne réponse universelle. Il y a celle qui vous correspond.
Et les entreprises dans tout ça ?
On ne peut pas parler de retour de congé maternité sans interroger la responsabilité des employeurs.
Car si les femmes peuvent avoir besoin de redéfinir leur place, elles ne devraient pas avoir à porter seules la responsabilité de leur réintégration.
Accueillir une collaboratrice après une maternité ne consiste pas uniquement à lui restituer son ordinateur et à mettre à jour son agenda.
Cela suppose de prendre le temps d'échanger sur ses conditions de reprise, ses missions, ses perspectives d'évolution et ses besoins, sans présumer de ses nouvelles priorités.
Cela suppose aussi de ne pas confondre maternité et désengagement professionnel.
Une organisation qui permet aux femmes de poursuivre leur carrière après une naissance, sans les pénaliser ni les enfermer dans des suppositions sur leurs ambitions, contribue à une égalité professionnelle bien réelle.
Le retour de congé maternité ne devrait pas être une épreuve individuelle d'adaptation.
Il devrait être un moment de dialogue et, lorsque cela est nécessaire, de réajustement réciproque.
Vous avez changé. Vous avez le droit de travailler autrement.
Il n'y a aucune obligation à vivre sa maternité comme un bouleversement professionnel.
Certaines femmes retrouvent leur travail avec bonheur, exactement comme elles l'avaient laissé. D'autres ressentent le besoin de modifier quelques éléments. D'autres encore découvrent que leur projet professionnel ne leur ressemble plus tout à fait.
Toutes ces expériences sont légitimes.
Ce qui ne devrait jamais être considéré comme une évidence, en revanche, c'est qu'une femme doive choisir entre ses ambitions et sa vie personnelle.
Alors, si votre retour de congé maternité soulève des questions sur votre travail, votre place ou votre avenir, peut-être est-ce le bon moment pour les explorer.
Pas pour tout quitter. Pas pour tout recommencer.
Mais pour ne plus avoir à choisir entre la vie que vous construisez et le travail que vous exercez.
Et si on prenait le temps d'en parler ?
Chez les Tricoteuses, nous accompagnons les femmes qui souhaitent retrouver du sens, faire évoluer leur carrière ou construire un projet professionnel plus aligné avec leurs aspirations et leur réalité de vie.
Notre bilan de compétences vous offre un espace pour prendre du recul, explorer vos possibilités et décider de la suite de votre parcours.
Parce que prendre sa place, c'est aussi pouvoir la redéfinir.