Quand ça ne va pas

On aimerait parfois que les choses soient plus simples.

Que lorsqu’un travail ne nous convient plus, on le sache. Qu’il y ait un événement, une évidence, quelque chose que l’on puisse identifier et nommer facilement.

Mais la réalité est souvent beaucoup plus subtile.

Il arrive que l’on continue à aimer une partie de son travail et à ne plus supporter l’autre. Que l’on soit toujours intéressée par ce que l’on fait, mais plus du tout par la manière dont on le fait. Que l’on apprécie son entreprise mais que l’on ne se reconnaisse plus dans la place que l’on y occupe.

Il arrive aussi que rien n’ait vraiment changé autour de nous et que, pourtant, quelque chose ait changé en nous.

Nos besoins, nos priorités, notre énergie, nos ambitions, notre rapport à la réussite ou simplement la place que nous avons envie de donner au travail dans notre vie.

Et c’est peut-être ce qui rend ces périodes si difficiles à comprendre : ce qui ne va plus ne ressemble pas toujours à un problème.

Parfois, cela prend la forme d’une perte de sens. On continue à faire, mais on ne sait plus très bien pourquoi.

Parfois, c’est le corps qui manifeste un inconfort que l’on n’a pas encore réussi à comprendre.

Parfois encore, notre réaction consiste à nous replier, à moins partager nos questionnements et à chercher seules une réponse que nous n’avons pas encore.

Ces trois sujets, je les ai explorés ces derniers temps sur le site des Tricoteuses.

Quand je ne trouve plus de sens à mon travail, j’ai voulu aller au-delà du fameux « il faut trouver sa voie ». La question du sens est beaucoup plus large : elle parle de ce qui compte pour nous, de ce à quoi nous voulons contribuer, mais aussi de la réalité quotidienne dans laquelle nous exerçons notre travail.

Avec la boule au ventre au travail, je me suis intéressée à ce décalage parfois étrange entre ce que nous sommes capables d’expliquer rationnellement et ce que nous ressentons. Le corps n’apporte pas nécessairement la réponse, mais il peut être une information à ne pas évacuer trop vite.

Et dans mon dernier article sur le syndrome de l’huître, je parle de ce réflexe que nous pouvons avoir lorsque le doute s’installe : nous refermer et essayer de comprendre seules. Alors même que la confrontation à d’autres regards pourrait justement nous aider à démêler ce qui se joue.

Au fond, ces trois articles parlent moins de ce qui va mal que de notre capacité à écouter ce qui bouge.

Parce qu’une vie professionnelle n’est pas figée.

Ce qui nous convenait parfaitement il y a cinq ans peut ne plus nous convenir aujourd’hui. Ce que nous recherchions à 30 ans peut avoir changé à 40. Une organisation qui nous allait très bien peut devenir incompatible avec une nouvelle réalité de vie. Une ambition peut disparaître et une autre émerger.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il faut partir, changer de voie ou bouleverser toute sa vie professionnelle.

Mais peut-être simplement accepter de ne pas balayer trop vite cette petite phrase lorsqu’elle apparaît :

« Il y a quelque chose qui ne me convient plus. »

La suite consiste justement à comprendre quoi. C’est souvent dans ce cadre qu’un bilan de compétences est sollicité.

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Quand le doute nous pousse à nous isoler